Euthanasie, le droit de donner la mort!

L’histoire dramatique de Vincent Lambert, pose la délicate question de l’euthanasie. Cet acte volontaire, qui est de s’arroger le droit de provoquer le décès d’une personne et donc d’anticiper sa fin de vie.
Ce cas d’espèce, où s’affrontent deux volontés radicalement opposées, celle d’une mère et d’une épouse, nous montre quand l’absence de directives anticipées écrites, il devient extrêmement difficile pour le corps médical de définir une stratégie thérapeutique et de fin de vie qui soit adaptée à la personne dont il a la responsabilité.
La loi du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Leonetti, n’a pas apporté de réponses suffisamment précises quant à l’euthanasie. Elle ne permet donc pas de résoudre ce type de cas particulier, sans que s’engage des débats sans fin.
Chacun, en son fort intérieur, a son avis sur la question, déterminé en cela par son affect. Et c’est bien là qu’est le problème. Ce faisant nous formulons un ressenti altéré du biais de nos sentiments affectifs. Il est alors de facto un parti-pris qui ne peut aboutir hélas à aucun consensus.
Nous voyons bien là, qu’il est nécessaire de revoir la législation en vigueur, pour que nous nous dotions d’une nouvelle loi bioéthique qui nous permette de façon républicaine et démocratique de sortir de cet imbroglio juridique kafkaïen, qu’est devenue l’histoire de Vincent Lambert, mais aussi de tant d’autres moins médiatisées.
Il me semble que nous pouvons distinguer trois types d’euthanasie, le premier, qui est avant tout le suicide assisté d’une personne consciente, le second, issu de directives écrites anticipées d’une personne non-consciente et le troisième, qui est celui d’une personne dont l’état de conscience est considéré, au vu des connaissances de la science au moment de la prise de décision, comme quasiment inexistant se réduisant à des réponses réflexes.
Ce troisième cas, nous le comprenons bien, est extrêmement particulier et complexe, par le fait qu’il nous force à nous interroger sur ce qu’est le droit de donner la mort.
Celui-ci a été débattu en son temps courageusement sur deux projets de loi distincts, l’un de Simone Veil pour l’interruption volontaire de grossesse sous la présidence de Valéry Giscard d’ Estaing, l’autre de Robert Badinter pour la peine de mort sous celle de François Mitterrand. Ces débats ont amené au vote de deux lois qui ont permis à notre société d’être en accord avec les principes universels des droits de la femme et de l’homme.
Je pense pour ma part, que pour mettre fin, d’une part aux débats insensés sur la situation dramatique de Vincent Lambert et d’autre part sur ceux à venir, le pouvoir en place doit saisir le comité consultatif national d’ éthique pour qu’il donne son avis sur cette question. S’il ne le fait pas, c’est à lui de s’auto-saisir, puisqu’il en a la possibilité. Il pourra ainsi formuler un avis pour que l’état et le législateur puissent proposer le vote d’une loi bioéthique à ce sujet dans l’ intérêt général mais aussi du bien commun. C’est-à-dire la protection et les droits des plus faibles. Qui est plus faible qu’une personne en état végétatif, totalement dépendant et incapable de survivre par lui-même pendant de longues années. 
Cela permettra à l’état, de légiférer de façon claire, précise et définitive sur l’euthanasie comme d’autres pays européens l’ont fait.

© Jean-Luc Richevaux le 22/05/2019

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