Le 1er Mai est-il réellement la fête de toutes celles et ceux qui aiment le travail ?

« Le 1er Mai est la fête de toutes celles et ceux qui aiment le travail, le chérissent, parce qu’ils produisent, parce qu’ils forment, parce qu’ils savent que par le travail nous construisons l’avenir. Merci de porter ces valeurs et d’œuvrer chaque jour pour notre Nation . »

E. Macron le 01 mai 2019

Doit-on rappeler à Mr E. Macron que le 1er mai est avant tout la fête des travailleuses et des travailleurs, avant que d’être celle du travail ? En cela qu’elle tient son origine des combats du mouvement ouvrier aux États-Unis et en France pour obtenir la journée de huit heures à la fin du XIXème siècle dans le but d’améliorer leurs conditions de vie.

Quand il nous dit, que le premier jour du mois de mai célèbre l’amour du travail en tant qu’activité laborieuse de qui se moque-t-il ? En cela il méprise outrageusement une partie de nos concitoyen.nes.s, en refusant de considérer qu’il est avant tout une cession à autrui de sa condition d’être humain tel que de façon naturelle elle se conçoit. Il en oublie ainsi ce que d’aucuns comme K. Marx décrivent comme étant l’aliénation du travail.

Il écrivait à ce sujet dans, « Ebauche d’une critique de l’économie politique, 1859 » ceci:

« Nous n’avons considéré jusqu’ici l’aliénation, la dépossession de l’ouvrier, que sous un seul aspect, celui de son rapport aux produits de son travail. Or, l’aliénation n’apparaît pas seulement dans le résultat mais aussi dans l’acte de la production, à l’intérieur de l’activité productive elle-même. Comment l’ouvrier ne serait-il pas étranger au produit de son activité si, dans l’acte même de la production, il ne devenait étranger à lui-même ? En fait, le produit n’est que le résumé de l’activité, de la production. Si le produit du travail est dépossession, la production elle-même doit être dépossession en acte, dépossession de l’activité, activité qui dépossède. (…) »

« Or, en quoi consiste la dépossession du travail ? D’adord, dans le fait que le travail est extérieur à l’ouvrier, c’est-à-dire qu’il n’appartient pas à son être; que, dans son travail, l’ouvrier ne s’affirme pas, mais se nie; qu’il ne s’y sent pas satisfait, mais malheureux; qu’il n’y déploie pas une libre énergie physique et intellectuelle, mais mortifie son corps et ruine son esprit. C’est pourquoi l’ouvrier n’a le sentiment d’être à soi qu’en dehors du travail; dans le travail il se sent extérieur à soi-même. Il est lui quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il n’est pas lui. Son travail n’est pas volontaire mais contraint. Travail forcé, il n’est pas la satisfaction d’un besoin, mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail. La nature aliénée du travail apparaît nettement dans le fait que, dès qu’il n’existe pas de contrainte physique ou autre, on fuit le travail comme la peste. Le travail aliéné, le travail dans lequel l’homme se dépossède, est sacrifice de soi, mortification. Enfin, l’ouvrier ressent la nature extérieure du travail par le fait qu’il n’est pas son bien propre, mais celui d’un autre, qu’il ne lui appartient pas; que dans le travail l’ouvrier ne s’appartient pas à lui-même mais à un autre. »

Dans un mode de production capitaliste, tel que le défend E. Macron, le travail aliène aux propriétaires des moyens de production, la force productive de ceux qui participent à l’élaboration, à la construction, à la mise en place etc., de biens et de services marchands. Ce faisant, ces maîtres du capitalisme mortifère s’enrichissent sans aucun complexe et sans aucune vergogne du travail de celles et ceux qu’ils exploitent. Ainsi nous pouvons constater malheureusement qu’une majorité d’individus de notre société œuvre, non pas dans le but d’enrichir la Nation, mais bien plus pour celui d’une minorité d’oligarques qui forme ainsi le peuple des nantis. Celui dont nous voyons chaque jour, qu’il exploite sans vergogne et en toute impunité, l’autre partie du peuple. Celui de ces femmes et de ces hommes courageu.ses.x, dont nous devons avant tout honorer l’abnégation, cette réelle tragédie du pauvre comme le disait Oscar Wilde.

2 commentaires sur “Le 1er Mai est-il réellement la fête de toutes celles et ceux qui aiment le travail ?

  1. En effet, le premier mai ne peut être qu’une fête pensée en l’honneur des travailleurs et non une célébration du travail en lui-même. Marx l’a déjà si bien expliqué. Cependant, si certains de nos contemporains en doute encore, qu’ils interrogent leurs semblables sur la satisfaction que ceux-ci éprouveraient à faire leur travail. De ce questionnement qui n’est sans doute pas nécessaire, pour qui vit parmi les hommes, ils apprendraient qu’une écrasante majorité ne fait pas un métier qu’elle aime.

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